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Troisième cadre

Le lierre bouffe le clocher
Le clocher bouffe les nuages
Les nuages bouffent le ciel
Et le ciel n’a rien à bouffer.
Fait faim, lui dit son estomac.
Un jour qu’il pleuvait, il s’était réfugié sous le lierre avec Françoise - c’était avant la bague au doigt attention - le lierre qui à l’époque s’avançait comme aujourd’hui.
Réfugié dessous, si si.
A l’abri.
Et s’il te plaît qu’est-ce c’est que tu fais réfugié à l’abri avec une Françoise sous un lierre au pied du clocher alors que le ciel pleure comme vache qui pisse parce que ça fait une éternité qu’il n’a rien à bouffer ?
Et ben ouais, t’emballes
Et la Françoise aussi elle emballe
Les deux s’emballent
Lui et elle
Elle et lui
Même quand la pluie cesse
Même si la journée s’fait belle
Encore encore il s’emballent à s’époumonner
Fait faim, crie son estomac, lui qui reprend souffle.
L’activité, ça creuse.
Fait froid, hurle sa peau, elle qui voudrait que ça dure
Un « fait froid » inexplicable tant elle est en sueur
Tant ça lui dégouline le long de sa colonne
Pire qu’un torrent à la fonte des neiges
C’est qu’elle embrassait bien Françoise, hein ?
Tu te rappelles
Si si
Sûrement tu te rappelles
T’as pas pu oublier.
Mon premier flirt ! Qu’est-ce j’ai pleuré ! elle disait.

texte © Bruno Allain
son © Simon Paris

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