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Cinquième cadre

C’est un effet de la globalité hoquetante.
Pour moi, c’est tout à fait évident, il dit.
Il s’agit là d’une théorie qu’il a inventée et dont il est le seul dépositaire.
Il explique : la globalité hoquetante, c’est quand ça schlube et quand ça blambleuze
Alors ça raglavate
Ça schriiiiivouiiiite
Puis zibliiiize, chambloute et là bleume ça platche.
Au fil des années, il précise sa pensée.
Aujourd’hui il dit : il existe une pente dans l’univers qui fait que les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Pour que ça dure, le nombre de riches plus riches diminue alors que le nombre de pauvres plus pauvres augmente. Si bien qu’on arrive à un moment où il y a très peu de riches très riches et un infini très grand de pauvres très pauvres. L’écart devient incommensurable. Les pauvres n’en peuvent plus, ils gueulent, ils tapent. Les riches trop peu nombreux, malgré une armée très armée, n’arrivent pas à contenir leur révolte et bleume ça explose
La guerre la guerre la guerre et la société patatras par terre il faut tout recommencer.
C’est ce qui s’est passé en 1789.
Aujourd’hui à nouveau on n’est pas loin du moment où justement bleume. Sauf que ce n’est pas seulement en France mais dans le monde entier, d’où le mot globalité. Et hoquetante parce que les pauvres n’ont que ça : la faire hoqueter, la globalité, en luttant, luttant, encore et toujours luttant. Et là, à force de global et de hoquetage, le bleume, eût égard aux événements récents, c’est pour demain.
Imaginez qu’est-ce que ça donnerait un 1789 planétaire, il dit…
En réalité, ajoute-t-il, on en est là parce que les hommes ont délaissé l’amour. Ils lui ont préféré des choses sonnantes et trébuchantes. L’amour s’est tout défraîchi. Sûr, il faudrait lui faire un ravalement.

texte © Bruno Allain
son © Simon Paris

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