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Onzième cadre

Pablo avait passé la nuit avec Lina. Il regardait par la fenêtre. Il n’y avait qu’un jardinier solitaire occupé à ratissé les feuilles mortes au milieu du parc. Il se retourna et regarda Lina qui dormait encore. Il était tombé amoureux de cette fille qui montrait son corps dans les soirées tecno. C’était tout son art. Elle aussi avait eu le coup de foudre. Il alluma une cigarette en repensant à ce que lui avait dit Nölde à l’hopital. Lorsqu’elle avait prononcé le nom de ce Tony, il avait failli sursauter. C’était ce même Tony à qui il avait servi d’intermédiaire pour l’enveloppe. Quelqu’un l’avait cachée dans la chapelle et Pablo avait reçu la consigne de la livrer à un garde du corps de ce Tony. Il avait servi de lien entre deux réseaux de part et d’autre des Pyrénées. Pablo avait besoin de cocaïne. Tony lui avait indiqué une adresse en Espagne moyennant un petit service... Il s’était fourvoyé avec ce milieu. Il se sentait pris au piège et se demandait comment s’en sortir. Peut-être ferait-il mieux de tout dire à la police comme Nölde l’avait fait mais il risquait sa peau. Il était convoqué au commissariat l’après-midi. Il était rongé par le doute. Il ouvrit la fenêtre pour prendre une bouffée d’air frais...

Monsieur Bop leva un instant la tête en direction de l’immeuble d’où venait de s’envoler bruyamment un groupe de corbeaux. Il vit quelqu’un accoudé à une fenêtre.

© Raymond Blard

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