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Neuvième cadre

Bop regardait des gens en uniforme et en civil aller et venir autour du dancing. Ils examinaient le moindre centimètre carré de pelouse. Ils y avait dans leurs sacs transparents une collections d’objets sans importance aucune pour le commun des mortels mais qui constituaient pour eux d’excellents indices. Ces petits sachets en cellophane, par exemple, avaient contenu des substances dont il restait des traces. Ils étaient identiques et leur origine serait trouvée rapidement. Il y avait aussi des seringues dans les bas côtés à proximité du parking. Les traces de pneus provenaient de véhicules caractèristiques d’un certain milieu... Enfin, une douille venait d’être trouvée au bout de l’allée. Les traces de sang indiquaient que la fille avait essayé de revenir vers le dancing mais elle s’était effondrée à mi-chemin. Il s’agissait de Nölde.

Monsieur Bop avait été interrogé en premier mais devant les bulles qui s’échappaient de sa bouche, l’inspecteur s’était dit qu’il avait affaire à un zozo débile et muet duquel il ne pourrait rien tirer d’autre que ses « bop-bop-bop » et il l’avait renvoyé. Monsieur Bop pensait à ses fleurs. Il se sentait piétiné. Il aurait voulu êtyre un arbre et vivre la tête dans les nuages. Un grand arbre au-dessus de tout avec le printemps sur son dos. Il laissa s’échaper une petite bulle qui fit « bop » au bout de ses lèvres et s’éloigna.

© Raymond Blard

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