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Huitième cadre

Le jardinier se levait de bonne heure tous les jours et le dimanche il était debout à six heures pour aller faire un tour dans son parc. Ce matin-là, il eut la mauvaise surprise de voir ses parterres d’azallées et de jacynthes piétinés. Il était assez démoralisé du spectacle qui s’offrait à ses yeux ; des gobelets en plastiques et des milliers de mégots jonchaient le sol. Il ne pouvait retenir des « bop » qui s’échappaient de ses lèvres par paquets bredouillants. Mais il n’était pas au bout de ses peines. Il était environ huit du matin quand il apperçut une masse informe au pied d’un arbre. Il s’approcha et vit une femme recroquevillée sur elle-même avec du sang sur ses vêtements. Bop recula et voulut appeler à l’aide mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il se mit à trembler de tout son corps. Il essaya de se contenir et rassemblant ses forces il courrut vers le dancing. Les gars qui rangeaient le matériel éclatèrent de rire en voyant cet énergumène gesticuler dans tous les sens mais Bop réussit à les entraîner vers l’arbre où gisait la fille. Elle n’était pas encore froide et raide comme une morte mais elle était comme une source qui n’a plus d’eau... Quelques minutes plus tard une ambulance l’emportait à vive allure. C’était une des deux filles. On réveilla Pablo et il demanda tout de suite si c’était grave, qui était la fille, est-ce que ce n’était pas Lina, mais personne ne put lui répondre.

© Raymond Blard

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