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Douzième cadre

Tony ne balançait jamais ses complices ni ses ennemis. Il était fiable. Certains de ses hommes l’étaient moins. Leurs trahisons et les déclarations de Nölde provoquèrent un scandale dans la presse. Des hommes d’affaires, des prostituées, des personnalités politiques étaient mêlées à des histoires de trafics et de détournements de fonds. Une secte qui célébrait un culte aux esprits chamaniques recevait des dons destinés en vérité aux caisses d’un parti extrémiste qui se réclamait de la pureté d’une race originelle. Cette secte se faisait de nouveaux adeptes en les « initiant » à son idéologie dans une grotte considérée comme le Saint des Saints. Quand ses membres voulurent monter une expédition punitive contre la soirée multi-raciale du Casino, ils demandèrent à Tony de leur fournir des « casseurs ». Tony refusa. Il aimait bien ce Pablo et sa bande. Ils étaient bien métissés...

Pablo s’est installé aux Etats-Unis avec sa compagne, Lina. Tony aimait les mecs « haut-perchés », des truands, des artistes. Il ne comprenait rien à l’art mais tout à l’homme.... Et il y avait Nölde... Le gars qui avait tiré sur elle était allé trop loin... Tony voulait juste lui faire peur. Il ne voulait pas lui rendre sa liberté parce qu’il croyait qu’elle le quitterait. Il était amoureux d’elle. Mais un « beau-mec » comme Tony n’avoue jamais ce genre de chose. Dans ce domaine il dit même tout le contraire. Tony a été condamné à dix ans fermes. Il a souvent la visite de son frère avec qui il passe de longs moments à dessiner. Tony parle peu et son frère est muet. Il ne peut émettre qu’un seul son, une espèce de petite bulle d’air qui fait « bop » au bout de ses lèvres.

© Raymond Blard

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