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Deuxième cadre

Le jardinier s’appelait Bop. Monsieur Bop était en train de repiquer de nouvelles fleurs à l’entrée du bâtiment. Il était absorbé par sa tâche mais il se savait souvent sous le regard de ceux et de celles qui allaient et venaient ce qui lui donnait une sorte de conscience de ce qui se passait dans son dos. Il reconnaissait quelqu’un non seulement à sa voix mais aussi au bruit de ses pas. Il identifiait rapidement tous les habitués du lieu, avait une connaissance aiguisée de leur humeur à leur faon de marcher, de parler ou de se taire. Il les sentait à distance et savait tout sur eux sans en laisser rien paraître.

On lui demandait où se trouvait telle partie du bâtiment, par où il fallait passer et jusqu’aux horaires d’ouverture. Il se redressait alors en écarquillant les yeux et enlevant les épaules, ses joues se gonflaient d’un peu d’air qui poussait sur ses lèvres d’où s’échappait une bulle invisible qui faisait « bop ». Les gens repartaient...
Il s’était fait la réputation d’être un peu simplet.

© Raymond Blard

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