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Samedi 3 juin 2006

Treizième épisode

Elle est née d’une chevelure
Dont les boucles s’enroulent
En vagues qui déferlent.
A la source, il y a toujours une déesse.
Prisonnière d’un filet à brouillard
Alarmée par la rosée du matin
Elle désaltère, c’est l’heure des embruns.
Je regarde droit devant.
Une seconde, j’abandonne tout
Tous mes espoirs, je reste
Dormir : le lit est doux.
La seconde suivante, je pars, pas de bagages
Hormis le sourire des passants
Ou les rides de mon visage.
De l’appréhension bien sûr.
On sait ce que l’on quitte, pas ce que l’on cherche.
Je frémis en dedans
Je ne le montre pas
Je lave mes doutes...
J’ai cinquante ans au bord du Maroni
Le village noir marron ! ‘tit punch, Capitaine !
La nuit a des yeux de contrebande ou de guerre civile.
“Des hommes éventrent maman à la mitraillette”
Là-bas, les enfants font des cauchemars comme ça
Et le pire c’est qu’ils ne dorment pas.
J’ai vingt ans, je marche quai Malaquais
J’enlace le monde à bras le corps.
Imite les bouquinistes, serre la taille des filles
Étudiantes, touristes aux envies légères
Your eyes senorita wunderbar ia vas loubliou
A Venise je ne te lâche pas la main
On éclate de rire sur le pont des Soupirs
A Pragues quatuor à cordes
La musique s’écoule, chevelure
-* A nouveau la déesse du fleuve-
Et moi je coule en pleurs
Sans trop savoir pourquoi.
Il y a tant à découvrir.
L’eau file entre les doigts.
Il y a tant de mondes inconnues
Derrière la surface de ton regard.
J’ai soif, j’ai boulimie, j’ai avide de toi
Viens.

© Bruno Allain

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