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Vendredi 12 septembre 2003

Il de puto ! (Comme disait les anciens dans une langue qui était en train de disparaître aussi vite que les troncs d’arbres arrachés par sa colère) elle n’en était pas à sa première révolte, la Garonne. Pensez, depuis le temps qu’elle coulait, si longtemps que de mémoire d’homme personne ne pouvait dire quand elle avait commencé à le faire. C’est bien simple, dans ces temps là, des hommes, il n’y en avait pas ! Un jour elle avait même recouvert le « rocher » . Car les rivières, même si elles ne font que passer, ont bien plus de mémoire que ceux qui restent sur le bord à les regarder. Une rivière ça n’oublie jamais. Et pour cause, une rivière, c’est de la mémoire qui coule ! Et voilà pourquoi elle était en colère. Certains, les plus malins qui prétendent toujours tout savoir, vous diront que c’était à cause des pluies sur l’Espagne qu’elle se gonflait comme ça. Foutaise ! C’est toujours plus facile de s’en prendre aux autres. Non ! Sa colère toute neuve, c’était bien à cause de ce qui c’était passé là, dans le village, à St Martory. Le vieux Maraval, paix à son âme, il vous l’aurait dit lui, d’où elle lui venait, car question colère il s’y connaissait.
Et c’était ce moment là que des hurluberlus venant du nord avaient choisi pour tenter d’installer sur ses berges, leurs… leurs quoi d’abord ? En tout cas, ils allaient voir ! Ils n’étaient pas prêts de l’apprivoiser, du moins tant qu’on ne saurait pas ce qui la fâchait si fort.

© Jean-Luc Letellier

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