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Jeudi 11 septembre 2003

Chapitre deux : Donc, les Caèmecapiens (c’est ainsi qu’ils se nommaient ) avaient commencé à décharger leur bric-à-brac de barres de fer, bouteilles aux couleurs des libellules, bidons bleu papillon, tout un attirail qu’on aurait dit destiné à une gigantesque pêche miraculeuse. « Sûr, avec ce genre de mouche, c’est pas des truites qu’ils risquent de prendre ! » Et si c’était ça leur projet : attraper dans leurs filets de fortune tous les rêves que charrie la Garonne. Tous ceux que l’on a laissé couler au fil de l’eau, faute d’y avoir vraiment cru. Des milliers de mètre cube de rêves abandonnés.
Mais c’était sans compter sur Elle. Seuls les gens des villes, et ils sont de plus en plus nombreux - va comprendre - ont oublié que les fleuves sont vivants. Comme vous et moi. Qu’ils peuvent avoir de grosses colères, sortir de leurs gonds, quitter leur lit de tranquillité. Et ce jour là, la Garonne avait décidé de ne pas se laisser faire.

© Jean-Luc Letellier

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